(3/3) Les champignons des parties boisées


Les champignons saprotrophes

Tous les champignons ne s'associent aux racines des plantes pour trouver leur matières nutritives. Plus de la moitié des espèces, de par leur pouvoir enzymatique développé, sont capables de décomposer la matière organique morte et d'assimiler ensuite les produits issus de cette simplification moléculaire. Le cycle peut se résumer en 5 étapes :
1. La spore du champignon arrive sur le bois mort, germe si les conditions favorables sont réunies, la jeune cellule fongique (futur mycélium) libère dans le bois des enzymes.
2. Sous l'action de ces enzymes le bois est décomposé. Ce phénomène est connu sous le nom de pourriture. Plusieurs techniques d’attaque sont développées, pourriture blanche (Piptoporus betulinus, Polyporus durus...), pourriture brune (Daedalea quercina, Fistulina hepatica, Oligoporus subcaesius...), pourriture molle...
3. Les molécules complexes du bois sont progressivement simplifiées, elles deviennent de plus en plus petites. On dit qu'elles sont assimilables (capable de rentrer dans les hyphes du mycélium).
4. Il y a absorption de ces petites molécules. Les champignons sont des absorbotrophes.
5. Ces substances sont utilisées par les organites cellulaires pour construire la matière organique nouvelle du champignon qui croît par sa partie apicale. Très rapidement l'intégralité du morceau de bois se trouve exploité par le mycélium.

 Suivant la nature du substrat qu'ils exploitent on distingue :
- les saprotrophes lignicoles qui décomposent le bois mort (souches, branches, brindilles),
- les saprotrophes herbicoles trouvés sur les diverses parties (tiges, fruits...) des plantes herbacées,
- les saprotrophes foliicoles qui font disparaître les feuilles mortes(Mycena stylobates, Marasmius epiphyllus...),
- les saprotrophes humicoles ont leur mycélium qui exploite, sans spécificité particulière, la litière en décomposition (Lepista nuda, Lycoperdon perlatum...)
- les saprotrophes fongicoles détruisent les vieux champignons (Nyctalis agaricoides, Sepedonium chrysospermum...),
- les saprotrophes coprophiles qui s'attaquent aux excréments.

Les champignons saprotrophes (autrefois qualifiés de saprophytes mais ce terme est étymologiquement incorrect) jouent un rôle considérable dans les écosystèmes en recyclant les éléments.

Lorsque le substrat commence à être épuisé et que les conditions climatiques deviennent favorables, deux mycéliums voisins sexuellement compatibles se rapprochent, unissent certaines de leurs cellules et donnent des structures productrices de spores, les sporophores (appellés communément les champignons).

Deux grands groupes systématique sont différenciés :
Les basidiomycètes qui produisent des spores externes portées par des basides (4 par baside) situées sous leurs chapeaux, dans leurs tubes ou sur leurs aiguillons.
Les Ascomycètes qui produisent en général 8 spores dans de longues cellules placées dans des sporophores ayant assez souvent la forme de coupes plus ou moins ouvertes.

       
Neobulgaria pura Helvella sulcata Diatrype bullata Scutellinia scutellata
Ganoderma lipsiense Crucibulum laeve Ramaria stricta Rosellinia mammiformis
Lyophyllum decastes Mycena speirea Oudemansiella mucida Asterophora agaricoides
Sepedonium chrysospermum Pilobolus kleinii Lycogala epidendron Arcyria denudata
       

Toutes ces espèces, de biologie et d’écologie très différentes, font de ces zones des sites particulièrement intéressants sur le plan pédagogique et apportent, sur une surface réduite, une biodiversité remarquable, qui surprend toujours les personnes étudiant ces anciens terrils pour la première fois.

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